C’est étonnant cette inflation des chiffres ces temps-ci. D’un coté on « gratte » quelques centaines de millions en économisant sur les postes d’enseignants, sur les remboursements de sécurité sociale ou en vendant des services publics comme GDF, et, de l’autre, il est possible de trouver des milliards d’Euros pour sauver des entreprises qui ont fait n’importe quoi.

Après la bulle internet , maintenant, ce sont les « produits » financiers qui s’explosent en l’air.
Cela frôle la faute professionnelle. Dans n’importe quel autre métier, celui qui fait des bourdes aussi importantes et qui perd de telle somme est mis à pied immédiatement pour faute grave. Sa responsabilité peut même être engagée. Mais là, il est plus facile de se concentrer sur quelques boucs émissaires comme Jérôme Kerviel. Plus les sommes sont importantes, plus c’est impunis. Et puis c’est le sacro-saint Marché, qui semble le passage obligé de notre société.

Alors il faudrait les soutenir ? soit, mais en rentrant dans le capital à hauteur de l’aide.

Ils rachèteront leur capital quand ils en auront les moyens, avec la plus-value. A eux de prouver que leur système fonctionne. Il n’y a pas de raison que ce ne soit que le privé qui engrange les bénéfices et que le public finance les pertes.

Cela devrait être la même chose pour tout forme d’aide publique.

Elles devraient être valorisées dans le capital, au même titre qu’un business angel ou un investisseur. C’est valable pour toute forme d’aide publique, que ce soit des financements ou des exonérations. Ces participations au capital pourraient être gérées par la Caisses des dépôts avec, comme engagement, que ce soit la société qui soit prioritaire pour racheter son propre capital avec la plus value sur la valorisation de l’entreprise. Parce que ne nous leurrons pas, quand il y a un souci de financement ou que la société dépose le bilan, il s’agit bien d’argent public pour gérer la situation. C’est la collectivité qui paiera. Les actifs permettraient au moins de limiter les dégâts, voire de permettre aux employés de reprendre l’entreprise !
Les plus-values et les bénéfices pourraient alimenter un fond et être ainsi réinjectés dans les entreprises, sur le même principe.

Prenons un exemple : une entreprise d’élevage a besoin de se mettre aux normes sanitaires et cela nécessite un financement. Les banques ne suivent pas. Si cela n’est pas fait, l’entreprise ferme : 200 salariés licenciés. Une évaluation pourrait être produite qui permettrait d’évaluer l’impact de ce dépôt de bilan (chômage, assainissement du terrain, moins value fiscales, sous traitants,…) si cette somme est supérieure au montant du financement nécessaire, il pourrait donc être assuré par la caisse des Dépôts qui valoriserait son entrée, et donc sa sortie, dans le capital comme n’importe quel investisseur. Je trouve cela insupportable de voir avec quelle légèreté les pouvoirs publics distribuent des aides publiques ou des exonérations sans contrepartie. Ce sont quand même nos impôts ! et on nous explique que nous n’avons plus les moyens de nos services publics !

Un peu de courage politique dans ces périodes de crise ne peut pas nuire, nous voyons régulièrement ce que donne la démission des idées, la culture du laisser-faire et la manque de courage de décider.