Le blog de Jean-Christophe Frachet

 

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Jean-Christophe Frachet.
° ° °

lundi 28 janvier 2008

Syndrome de Stockholm ou syndrome de Redmond, Bertrand Delanoë jetterait-il Paris dans la gueule du loup ?

Le syndrome de Stockholm peut se caractériser par le développement d'un sentiment de confiance, voire de sympathie des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs et par le développement d'un sentiment positif des ravisseurs à l'égard de leurs otages.

Il semble bien que tous les éléments soient réunis pour que les utilisateurs de windows changent encore d’ordinateur pour pouvoir installer la dernière version « Vista », pour acheter Microsoft Office au lieu de télécharger librement Open Office et passer du temps à réinstaller leurs programmes qui plantent régulièrement en ayant l’impression de faire de l’informatique. Et bien sûr, tout en payant plusieurs centaines d’Euros pour racheter ce qu’ils ont déjà payé, combien de version de Windows et de pack office ont-ils déjà acheté ?

L’habitude, le temps passé à comprendre la complexité (inutile ?) de ces logiciels et la non connaissance d’autres environnement informatiques rassurent l’utilisateur qui pense ne pas pouvoir éviter l’éditeur de Redmond, celui-ci étant devenu hégémonique.

Le 29 janvier 2008, Bertrand Delanoë et Bill Gates signent un partenariat numérique pour Paris.

Ce serait pour former les demandeurs d’emplois aux métiers de l’informatique, mais c’est les obliger s’acquitter de la dîme pour travailler.
Ce serait aussi pour apporter un soutien aux entreprises développant des solutions logicielles en faveur de la protection de l’environnement, mais n’est-ce pas aberrant d’être obligé de changer d’ordinateur parce que Windows est de plus en plus gourmand en ressources informatique ? c’est une des cause de la pollution informatique et de la consommation électrique grandissante.
Ce serait aussi pour l’administration électronique ? mais c’est une nouvelle privatisation du service public alors qu’il existe des solutions libres.
Quand à un “espace sportif numérique”, cela se saurait si la manipulation de la souris était bonne pour la santé.

Quelle mouche a donc piqué Bertrand Delanoé ? Alors que Paris pourrait être le fer de lance français et international d’une autre société de l’information, basée sur le partage, l’échange et la mutualisation, le Maire de Paris livre les Parisiens aux griffes du plus grand éditeur mondial américain.

Les systèmes d’informations, les logiciels et l’informatique ne sont pas des marchandises comme les autres. Il s’agit de manager la connaissance, de gérer des informations nous concernant tous et de moderniser les services publics. Il s’agit d’éducation, d’information et d’accès à la culture. Les systèmes d’information ont complètement envahi notre quotidien, internet, réseaux, télévision, téléphone,... Ces systèmes gèrent l’ensemble de nos activités, privée, publiques et professionnelles.

Toute décision dans ce secteur est politique avec des implications dans le court mais aussi dans le moyen et long terme.
Cette décision de contractualiser avec Microsoft est importante et c’est un signe vers les autres collectivités et les capitales du monde entier.
Elle a été prise sans aucune concertation avec les élus, les associations et les citoyens. C’est la négation de la Politique avec un grand « P » au profit des lobbies.

Soit, le Maire de Paris ne mesure pas ce que cela signifie pour le bien commun dans la société de l’information, l’intérêt des Parisiens et pour la rationalisation de l’argent public,
Ou alors il le sait, et il vend Paris, certes avec une bonne remise, à l’éditeur de logiciel américain en le recevant comme un chef d’état comme l’avait fait J. Chirac, pour un bénéfice financier à très court terme,
Ou bien il s’en fiche et fait un simple coup de communication, ce qui serait bien décevant pour celui qui brigue un second mandat dans une des plus belles villes du Monde.

Faire de la politique, ce n’est pas une liste de courses avec un savant saupoudrage de mesures afin de satisfaire un peu tout le monde. Il s’agit d’avoir une réelle direction idéologique, d’avoir des valeurs et d’agir en cohérence avec celles-ci.

Cette décision est antinomique avec l’intérêt des Parisiens et du service public.

Berceau de la Révolution Française et du siècle des lumières, après avoir enfanté la déclaration de l’homme et du citoyen, c’est indigne de la capitale de la France de faire acte d’allégeance à un multimilliardaire américain, fût-il le fondateur d’une entreprise qui a racketté les utilisateurs d’ordinateurs pendant 25 ans jusqu’à devenir le plus riche du monde.

mardi 22 janvier 2008

Tous mes meilleurs vœux de santé, d’initiative et de bonheur !

Et cela ne va pas être très facile. Un climat social évoluant au gré de la libido du Président, des acquis sociaux remis en question y compris par ceux qui en bénéficient et le détricotage des fondements de notre république sous les bons auspices de ses amis libéraux milliardaires, voilà déjà les huit mois de bilan de la présidence Sarkozy. Mais la communication fonctionne bien, la parole des médias et le bourrage de crâne ont réussi à faire passer une avancée sociale, la baisse du temps de travail, pour une erreur de civilisation. Les prix augmentent plus vite que les salaires, les marges bénéficiaires des entreprises qui vendent plus cher explosent ! Alors c’est plutôt travailler plus pour qu’ils gagnent plus.

Et à Gauche, où en est-on ? La recomposition semble plutôt bloquée, du moins jusqu’aux élections de mars prochain. On peut sentir l’équilibre fragile et il semble bien que les clivages habituels sont bousculés. Il y a ceux qui sont pour ratifier le traité refusé par les Français en Mai 2005 par la voie parlementaire, il y a ceux qui sont pour le traité mais qui pensent qu’un nouveau référendum est nécessaire « ce que le peuple fait, lui seul peut le défaire » et il y a ceux qui sont contre, à Gauche comme à Droite. Il a des hommes qui se disent de Gauche et qui font des rapports au Président pour tout déréguler et vanter les mérites de la consommation à tout prix. Tout bouge, il semble nécessaire de réinventer certains modèles de société, mais cela ne peut-être que collectif, pas facile en ces temps d’individualisme…

En tout cas, bonne année ! parce qu’il se passe aussi de très belle chose.